Chapitre V
Au coeur de la crise
Au début de novembre, la CSN amorce une série de manifestations pour sensibiliser la population aux problèmes du syndicalisme québécois. Dans ce contexte, la grève des travailleurs de la Domtar devient le point de mire de l’actualité. L’allocation de grève passe de 30 $ à 40 $ par semaine, plus 3 $ par enfant, et les grévistes sont approvisionnés en vêtements et nourriture par les travailleurs d’Asbestos, de Port-Alfred, Donnacona et Thetford Mines. Toutefois, la situation demeure précaire : les familles espèrent un déblocage et les syndiqués sont de plus en plus divisés sur les mesures à prendre.
Pendant ce temps, les négociations se poursuivent à Québec. Le premier novembre, la partie patronale quitte précipitamment la table des négociations en prétendant que les contremaîtres d’East Angus sont victimes d’intimidation depuis le début de la matinée : « Parce qu’ils sont déçus de l’attitude des syndicats et irrités des méthodes de pression utilisées par les grévistes, les représentants patronaux ont décidé de plier bagages1. »
Oscar Fournier nie formellement les accusations qu’il qualifie de mensongères : « Incapable de prendre la responsabilité d’une telle infamie, Domtar tente d’attribuer la rupture des négociations aux syndiqués. Elle profite de la déclaration du ministre Claude Gosselin à l’effet que la CSN a récemment augmenté ses demandes ; ceci est une prétention fausse et ridicule. Les instigateurs de cette machination ont décelé là un mécanisme permettant de rompre les négociations et d’en faire porter la responsabilité sur les syndiqués d’East Angus. On ne peut pas dire que les syndiqués usent de la violence et de l’intimidation ; on peut plutôt dire que la violence morale et l’intimidation viennent de la compagnie2. »
Le conflit persiste et les observateurs n’écartent pas la possibilité qu’il dure encore plusieurs mois. Le médiateur Mireault rappelle que les négociations ont duré sans relâche durant trois jours mais se demande quand elles pourront reprendre. Quant à Domtar, elle précise que « la position des syndicats est tellement loin de la nôtre que le retour au travail semble être reporté à une date que nul ne saurait prévoir ».3

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Devant le refus du ministre des Terres et Forêts d’accorder les concessions forestières, Raymond Pinard demande à Clément Potvin d’entreprendre de nouvelles manifestations afin de maintenir la pression des derniers jours.
Potvin : « La seule façon de faire débloquer le dossier est d’inciter les grévistes à occuper les usines de Windsor et East Angus. »
Pinard : « Je pense qu’il est préférable d’y aller modérément pour éviter de perdre le contrôle des événements. Est-ce qu’il serait possible d’occuper une seule usine ? Celle d’East Angus, par exemple... »
Potvin : « Je suggère qu’on occupe l’usine de Windsor en maintenant la menace d’une occupation éventuelle à East Angus. Ce sera plus facile pour nous et plus efficace pour vous. L’idée d’occuper l’usine comme moyen de pression a déjà été discutée avec les membres du Syndicat. Je crois qu’il sera facile de les convaincre d’agir rapidement en ce sens.
Pinard : « Bon d’accord, nous sommes prêts à prendre le risque. Mais soyez prudent! Nous maintiendrons le contact avec vous. À quel moment prévoyez-vous occuper l’usine de Windsor ? »
Potvin : « Dès demain...la machine est prête. J’informerai les chefs syndicaux afin qu’ils contactent rapidement leurs membres. Plusieurs syndiqués d’East Angus participeront à l’occupation ; en défiant l’injonction, ils se mettront à dos la population et les tribunaux. Ils serviront ainsi de moyen de pression auprès du ministre Gosselin. »
Le 3 novembre
Le 3 novembre, Clément Potvin convoque une assemblée spéciale à Windsor. Il exhibe un article publié dans un journal de Montréal qui rapporte ces propos d’un représentant de la compagnie : « Domtar a l’intention d’entrer aux moulins malgré les piquets de grève, mitraillettes au poing s’il le faut. Si les grévistes ne veulent pas entendre raison, le sang va couler à Windsor et East Angus4. » Le journal souligne que la compagnie a engagé des agents d’Alliance Sécurité pour pénétrer dans les usines et faire fonctionner les bouilloires.
En réaction à cet article, Potvin hurle devant l’assemblée : « Je suis écoeuré de me faire manger la laine sur le dos. Je vais occuper l’usine Domtar et ceux qui veulent me suivre sont les bienvenus. » Alors que la foule applaudit chaleureusement la déclaration du directeur de grève, un syndiqué prétend que Raymond Pinard a déjà nié les allégations du journal. « Je n’ai plus confiance en Monsieur Pinard, réplique Potvin. Je veux négocier directement avec Alex Hamilton, le président de la compagnie. »
Invitant à nouveau les grévistes à occuper pacifiquement l’usine de Windsor, il ajoute : « Nous ne voulons pas la détruire. Nous voulons la protéger contre ces meurtriers de Montréal que Domtar veut installer. On s’en va là pour réclamer tout ce qui est juste et équitable. On y restera tant que la compagnie ne viendra pas s’asseoir à la table des négociations. Nous ne voulons pas de violence. Nous désirons que les négociations aboutissent mais si Domtar veut marcher avec des mitraillettes, nous aussi, nous les utiliserons5. »
Dix minutes plus tard, 200 grévistes se présentent devant la barrière de l’usine et ordonnent aux agents de sécurité de quitter les lieux. Ces derniers n’offrent aucune résistance et, un quart d’heure plus tard, une cinquantaine de travailleurs pénètrent à l’intérieur du moulin. Quelques instants après, des coups de feu sont entendus dans l’usine : un gréviste d’East Angus vient de tirer sur une horloge de la compagnie. Au même moment, des grévistes de Windsor saccagent le bureau et la machine à écrire d’un contremaître au département de finition. Ils se rendent ensuite vers la machine à papier numéro 1 et endommagent des coffres à outils, cassent des vitres, brisent un panneau de contrôle et coupent la toile de la machine à papier.
À son bureau du ministère, Claude Gosselin se tient au courant des événements. Il comprend que Domtar ne pliera pas et qu’elle maintiendra la grève jusqu’à la fermeture de l’usine d’East Angus. Il craint une escalade de violence pouvant à tout moment se retourner contre lui et sa famille. Il décide d’entreprendre des négociations privées avec Domtar au sujet des concessions forestières afin de faciliter la reprise des pourparlers avec la CSN.
Raymond Pinard accepte la proposition avec réserve ; il fait part à Potvin de l’effet disuasif de l’occupation et lui suggère de quitter l’usine le plus tôt possible. « Malgré tout, nous resterons prudents et poursuivrons nos moyens de pression durant les négociations sur les concessions forestières. Nous maintiendrons les accusations devant les tribunaux et nous ne cesserons de tenir les syndiqués responsables des gestes illégaux. »
Le 4 novembre
Le 4 novembre, Gérard Taylor prévient Domtar que les grévistes d’East Angus suivront le mouvement d’occupation : « Nous aurons une rencontre ce matin et on sera à l’intérieur. Qu’on essaie pas de venir nous déloger6. » Quelques heures plus tard, Potvin recommande de suspendre l’occupation de l’usine de Windsor et invite les grévistes d’East Angus à ne pas donner suite à leur projet. En conférence de presse, Potvin et Taylor expliquent leur décision par le désir de négocier et d’obtenir l’intervention du gouvernement provincial.
Toutefois, les médias s’interrogent sérieusement sur l’attitude contradictoire de la partie syndicale dans le conflit. Exprimant sa surprise, La Tribune écrit : « Il s’agit d’une volte-face assez inattendu de la part de la partie syndicale, car le directeur de grève de Windsor avait déclaré que l’occupation se poursuivrait aussi longtemps que Domtar ne reprendrait pas les négociations avec la CSN7. »
De son côté, Domtar envoie un télégramme aux syndicats disant qu’elle les tient responsables de tous les dommages causés à ses installations : « Les agissements de votre Syndicat et de ses membres, qui ont occupé l’usine de Windsor et interrompu le chauffage dans les usines de Windsor et East Angus, mettent en péril la protection de nos usines et des deux villes contre les incendies. Cela place également les usines en danger immédiat de graves dégâts. La compagnie exige l’arrêt immédiat de toute activité de ce genre et le rétablissement des services de chauffage dans les deux usines8. »
Pendant ce temps, la première ronde de manifestations de la CSN se déroule devant le palais de justice de Sherbrooke. Une cinquantaine de syndiqués bravent le froid pour protester contre les injonctions de Domtar. Portant des pancartes à la main, ils scandent « À bas les injonctions » et « Courage les gars ». Le responsable de la manifestation, Claude Gingras, déclare que « les travailleurs sont écoeurés de l’injustice du gouvernement qui tolère l’émission d’injonctions, malgré un droit de grève reconnu par la loi »9.
La même journée, à East Angus, la population rend un dernier hommage au Chanoine Pierre Labrecque. Les imposantes funérailles sont présidées par monseigneur Jean-Marie Fortier, archevêque de Sherbrooke, en présence de Claude Gosselin, du maire Maltais et des échevins de la ville. Plusieurs centaines de personnes participent à la cérémonie, certaines venant d’aussi loin que des états américains.
Malgré les funérailles, les discussions sur l’avenir des usines se poursuivent encore plus âprement. Un actionnaire de la compagnie transmet un télégramme au président-général de Domtar, T.N. Beaupré, au premier ministre du Québec et au ministre des Terres et Forêts. Accusant la compagnie de prolonger volontairement la grève, il affirme : « Notre qualité d’actionnaire ne nous donne pas un droit de vie ou de mort sur les employés qui nous permettent de réaliser d’immenses profits10. »
Pour sa part, Raymond Pinard déclare que Domtar « n’est aucunement disposée à abandonner ses usines aux grévistes ». Justifiant son départ de la table des négociations, il ajoute : « Nous ne pouvons négocier en toute bonne foi les conditions d’un retour au travail si, en même temps, les grévistes gâtent le climat par des actes de violence et d’intimidation11. »
Quant à Jean-Paul Myre, il considère que Domtar « ne peut plus tolérer que ses contremaîtres soient constamment bafoués, intimidés, bousculés et insultés ». Il précise que les dernières négociations ont été marquées par de multiples actes de violence à East Angus : « bousculades, encerclement de contremaîtres, coups de pieds, coups de poings, menaces de violence physique, pierres lancées, etc.12»
En soirée, à l’Hôtel de ville de Windsor, on dévoile le résultat des élections municipales tenues au cours de la journée. Malgré un faible taux de participation de 46.2 %, Lewis Craig est réélu par acclamation ; le conseiller Marcel Noël succède à Adrien Péloquin, ce dernier s’étant retiré de la vie publique à la suite de mésententes avec le maire. Il sera toutefois élu maire de Windsor en 1983 et prendra en 1985 la tête d’un vaste mouvement de solidarité permettant à Domtar d’ériger le plus grand complexe industriel de papiers fins au monde.
Le lendemain, 200 grévistes se rendent au Parlement du Québec pour obtenir une entrevue avec Jean-Jacques Bertrand. Ils lui ont déjà présenté un mémoire sur la situation des usines, mais le premier ministre du Québec ne leur a pas donné l’occasion de présenter leur point de vue. Pour leur part, Taylor et Potvin expliquent que le gouvernement provincial est le premier responsable dans le conflit et qu’il doit intervenir pour empêcher Domtar de fermer ses usines. Malheureusement, les syndiqués quitteront la colline parlementaire sans avoir obtenu leur entrevue avec le Premier ministre.

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Le 7 novembre
Le 7 novembre 1968, des mandats d’arrestation sont émis contre les syndicalistes Clément Potvin, Valère Dion et Charles-Aimé Ferland. Ils se rendent volontairement à la police et on les conduit à la prison de la rue Winter à Sherbrooke ; Domtar leur reproche d’avoir causé pour 100 000 $ de dommages à l’usine de Windsor.
Au même moment, une seconde manifestation organisée par la CSN se déroule devant le palais de justice de Sherbrooke pour protester contre les injonctions de la compagnie et l’arrestation des leaders syndicaux. Le défilé regroupe plus de 1,750 ouvriers et 250 étudiants venus de Montréal. Les manifestants brûlent un bonhomme de paille accroché à une potence et sur lequel est inscrit le mot « juge ». Malgré un appel à l’ordre, les étudiants lancent des pierres dans les vitres du palais de justice. La Tribune mentionne que « c’est la première fois dans l’Histoire du Québec qu’un mouvement populaire s’attaque directement au système judiciaire »13.

Armés de bâtons et scandant « Libérons Potvin », les étudiants se rendent à la prison de la rue Winter et au manège militaire des Forces canadiennes où ils lancent à nouveau des pierres sur les édifices. Une centaine de jeunes militaires sortent aussitôt
pour former une ligne de protection devant le manège. Des quolibets comme « Bouffons de la reine » et « Maudits anglais » pleuvent sur les membres des forces armées, mais ces derniers ne répondent pas aux insultes.
Commentant l’événement, un étudiant déclare : « C’était beaucoup plus amusant à Murray Hill car les flics étaient agressifs14. » À leur retour, les étudiants empruntent la rue Wellington et brisent les fenêtres de la Banque provinciale, de l’Hôtel de ville et du Québec central. Remontant la côte King, ils arrachent les croix blanches destinées à la cérémonie de l’armistice et crient divers slogans, tels que « Révolution », « À bas le système », « Liberté » et « Changeons le système ».
Après le défilé, on constate que les policiers de Sherbrooke ne sont intervenus à aucun moment et qu’ils n’ont procédé à aucune arrestation15. Déclarant que les ouvriers ont agi convenablement, la CSN se dissocie publiquement du groupe d’étudiants. Quant aux dirigeants syndicaux de Windsor, ils sont relâchés après avoir obtenu leur libération conditionnelle moyennant une caution de 500 $ chacun.

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La manifestation facilite la reprise des pourparlers entre Domtar et la CSN. Bien que la compagnie accepte de retourner à la table des négociations, elle pose trois conditions : 1) que la CSN demande à ses membres de ne plus se livrer à des actes de violence 2) qu’elle s’engage à fournir des hommes pour réparer les bris survenus durant la grève 3) qu’elle rétablisse le chauffage dans les usines de Windsor et East Angus.
Le Syndicat approuve les conditions mais rappelle l’attitude pacifique des grévistes dans le conflit : « Les grévistes sont contre la violence et l’ont prouvé à plusieurs reprises. Il est arrivé qu’ils aient réagi avec fermeté à des actes de provocation ; même dans ces circonstances, ils ont manifesté une retenue exemplaire pour éviter que la violence morale qu’ils subissent ne dégénère en violence physique. »
La CSN précise cependant que « la tentation de la violence est plus forte après quatre mois de grève. Les syndicats locaux veulent bien redoubler de précautions pour que les grévistes contrôlent leur exaspération devant la menace de fermeture des moulins, mais le meilleur moyen d’éviter la violence est d’entreprendre des négociations sérieuses16. »
En inteview, le président de Domtar, Alex Hamilton, confirme qu’il n’a pas l’intention de fermer les usines de Windsor et East Angus « en autant que la compagnie aura la possibilité de les rendre économiquement viables ». Constatant que le coût de la main-d’oeuvre ne constitue qu’une partie du problème, il ajoute : « Ces usines ont besoin d’être restructurées en fonction du marché. Ceci implique un investissement considérable car il s’agit d’un programme pouvant prendre de cinq à huit ans17 . »
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Le 8 novembre
Le 8 novembre, La Tribune publie une page complète de photos illustrant les dommages causés à l’usine de Windsor lors de l’occupation du 3 novembre 1968. Au cours de la journée, Clément Potvin, Valère Dion et Charles-Aimé Ferland comparaissent devant le juge Roland Dugré, de la Cour des sessions de la paix, pour avoir occasionnés ces dommages à l’usine. Clément Potvin est également inculpé de complicité pour avoir pris possession de l’usine par la force. Par ailleurs, un mandat d’arrestation est émis contre le président du syndicat de Windsor, Mathias Péloquin, parti à Québec pour négocier avec Domtar.
La salle d’audience remplie à pleine capacité est surveillée par les agents de la Sûreté du Québec. L’avocat de la défense, Me Laurent Dubé, rappelle que les leaders syndicaux se sont livrés eux-mêmes à la police après avoir appris qu’un mandat d’arrestation avait été émis contre eux.
Me Dubé : « Monsieur le juge, mes clients sont déjà en liberté sous caution ; je peux vous assurez qu’ils seront présents pour l’enquête préliminaire et le procès devant jury. Je vous demande de renouveler leur cautionnement afin qu’ils puissent revoir le plus tôt possible leur femme et leurs enfants18. »
Juge Dugré : « Je ne doute pas de la présence des syndiqués à leur procès. La raison d’être du cautionnement est de prévenir des actes similaires à ceux commis durant l’occupation. J’accorde le renouvellement du cautionnement, mais si les accusés commettent d’autres actes de violence, il sera automatiquement révoqué19. »
Le procureur de Domtar, Me Edmund Barnard, ne fait aucune représentation et l’enquête préliminaire est fixé au 20 novembre 1968. Après l’audience, un groupe de syndiqués collent des affiches sur les personnes présentes, les murs du Palais de justice et les bureaux des juges. On peut lire sur ces affiches des slogans tels que « Injonction-injustice » et « Oui, souvenons-nous des 13 professeurs de la CSN emprisonnés à Québec pour avoir défendu leur Syndicat. »
Le responsable de la manifestation, Claude Gingras, déclare que « les travailleurs se sont rendus en cour pour appuyer les martyrs du syndicalisme. La poursuite en justice de Domtar montre sa mauvaise foi et constitue une provocation. Elle fait émettre un mandat d’arrestation contre le président du syndicat de Windsor au moment où il tente de convaincre le public qu’il désire négocier. Les travailleurs sont non seulement écoeurés mais en voie de devenir furieux »20.
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Après leur comparution, les leaders syndicaux s’entretiennent avec Me Dubé. Gérard Taylor suit la conversation et s’informe des sentiments de Clément Potvin : « Clément, j’espère que tout va bien pour toi! Ce n’est pas facile de faire face aux accusations, mais il faut que tu saches que le Syndicat et les grévistes sont là pour t’appuyer. »
Potvin : « Ne t’inquiètes pas ! Domtar traite bien ses employés en dépit de la grève. C’est une simple question de temps.
Taylor : « Prévois-tu de nouvelles manifestations pour appuyer nos revendications à la table des négociations ? »
Potvin : « Pas pour l’instant. J’ai le sentiment que Raymond Pinard est prêt à négocier, maintenant qu’il a obtenu certaines garanties au sujet des concessions forestières. »
Taylor : « Mais quelles concessions forestières ? »
Potvin : « Il s’agit de droits de coupe en Abitibi, dans les Cantons-de-l’Est et ailleurs au Québec. Un gros morceau à ce qu’il paraît ! »
Quelques jours plus tard, les trois accusés de Windsor sont victimes d’actes de violence. Un coup de feu est tiré sur la voiture de Clément Potvin et il reçoit des menaces au téléphone : « Salut repris de justice, on va te faire une job ben vite !21» Valère Dion est poursuivi en voiture après une réunion syndicale et Charles-Aimé Ferland constate que son automobile a été endommagée. C’est à cette période également qu’un individu tente de mettre le feu au local des grévistes de Windsor avec une mèche rattachée à un baril d’huile de 45 gallons.
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1. La Tribune, 2 novembre 1968, p. 1
2. Ibid.
3. Ibid.
4. La Tribune, 4 novembre 1968, p. 1
5. Ibid.
6. Ibid.
7. La Tribune, 5 novembre 1968, p. 1
8. Ibid.
9. Ibid, p. 3
10. Ibid, p. 15
11. Ibid, p. 15
12. Ibid, p. 15
13. La Tribune, 28 décembre 1968, p. 3
14. La Tribune, 8 novembre 1968, p. 1
15. Ibid.
16. Ibid.
17. Vadeboncoeur, Pierre ; Ferland, Guy ; Elliot, Jacques ; Cliche, Paul ; L'Heureux, André ; Des Hommes Debout. À l'avant-garde du combat syndicaliste : les salariés d'East-Angus et de Windsor. Secrétariat du Comité central d'Action politique. CSN, Montréal, 1970, p. 27.
18. La Tribune, 9 novembre 1968, p. 3
19. Ibid.
20. Ibid.
21. Moreau, Guy, Histoire de Windsor, Windsor, 1997, p. 388.









